Trouble de déficit d’attention : même trouble, symptômes différents

Publié le 23 février 2016 à 09h42 | Mis à jour le 23 février 2016 à 09h42
Trouble de déficit d’attention : même trouble, symptômes différents

La Presse
Quand on pense au trouble de déficit d’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), une image nous vient souvent en tête : celle du petit garçon très hyperactif, turbulent, dérangeant. Et si les filles ayant un TDAH avaient des symptômes différents, moins visibles, mais tout aussi (sinon plus) invalidants ? Le point sur la question.
Y A-T-IL SOUS-DIAGNOSTIC CHEZ LES FILLES ?
« Mes amis travaillent 10 fois moins que moi dans leurs devoirs pour avoir de bons résultats. Alors que moi, je travaille, j’étudie, je fais tout ce qu’on me demande. Ça doit être... mon intelligence. »
Ces mots sont ceux d’une adolescente de deuxième secondaire qui a consulté Marie-Claude Guay, professeure au département de psychologie de l’UQAM et neuropsychologue au centre de psychologie MC Guay. La jeune fille - qui fonctionnait très bien à l’école primaire - avait désormais de la difficulté à se concentrer à l’école.
Ça n’avait rien à voir, mais absolument rien à voir, avec son intelligence, se souvient Mme Guay. Au contraire, même.
« C’est une petite fille hyper intelligente, qui avait réussi, justement à cause de son intelligence, à compenser tout son primaire », dit Mme Guay.
L’adolescente a passé les questionnaires comportementaux dont on se sert pour diagnostiquer le trouble de déficit d’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), mais ne satisfaisait pas les critères cliniques. Pourtant, Marie-Claude Guay repérait très bien chez elle les comportements d’inattention et d’impulsivité. La jeune fille avait les mêmes déficits des fonctions cognitives et exécutives, les mêmes déficits du lobe frontal.
Cette fille aurait très bien pu passer sous le radar. Et ne jamais être traitée.
« Et c’est ça, le problème, avec les filles », ajoute Marie-Claude Gagné, pour qui il est « clair » que le TDAH est sous-diagnostiqué chez les filles.
Un problème qui aurait des conséquences bien réelles, indique le Dr Doron Almagor, psychiatre et président de CADDRA (Canadian ADHD Resource Alliance).
Contrairement à la croyance populaire, dit-il, les filles qui ont un TDAH s’en sortiraient moins bien que les garçons en vieillissant. Le Dr Almagor cite en exemple une étude longitudinale danoise parue dans The Lancet en mai, qui a conclu que les filles présentant le trouble avaient un taux de mortalité plus élevé que les garçons. En 2014, ces mêmes chercheurs avaient conclu que les filles courraient un risque accru d’abus de substances et d’alcool.
« Et l’on pense que c’est parce qu’elles ne sont pas diagnostiquées ni traitées aussi rapidement que les hommes », dit le Dr Almagor.

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