Trop de soignants battus

Trop de soignants battus
La sécurité des employés ne s’améliore guère à l’Institut universitaire en santé mentale de Québec, selon une infirmière agressée par un patient

Johanne Roy et Sarah Boucher
Jeudi, 11 février 2016 00:00 MISE à JOUR Jeudi, 11 février 2016 00:00
Une infirmière battue sauvagement par un patient à l’Institut universitaire en santé mentale de Québec (IUSMQ) il y a quatre ans, constate que la sécurité des employés ne semble guère s’être améliorée, alors que d’autres agressions continuent à survenir.
Louise Marcoux a été replongée dans une bien mauvaise période de sa vie, récemment, lorsqu’elle a appris qu’une infirmière de l’Institut avait été frappée brutalement par un patient le 27 janvier dernier.
Il y a quatre ans presque jour pour jour, un patient s’introduisait dans le poste de garde et la frappait violemment à la tête à l’aide d’une barre de fer. Mme Marcoux a subi une importante commotion cérébrale et a dû recevoir huit points de suture.
Elle dit toujours souffrir de symptômes de stress post-traumatique. « Je suis encore là-dedans. Je « deal » avec mes peurs chaque jour. Je n’ai jamais pu remettre les pieds là », confie-t-elle.
« Culture du silence »
Louise Marcoux dénonce la culture du silence au sein des employés de l’IUSMQ au sujet de la violence au travail. « Malheureusement, les gens ont peur de parler », dit-t-elle.
Au cours des deux dernières années, à l’IUSMQ, le personnel soignant a été victime de 228 agressions physiques de la part de patients.
Mme Marcoux constate également que peu de changements semblent avoir été apportés par la direction de l’Institut. « Ils attendent quoi ? Que quelqu’un soit dans le coma ou qu’il y en ait une qui y reste ? », déplore-t-elle. À 48 ans, elle est de retour sur les bancs d’école pour une réactualisation vers un autre milieu de soins.
Pas surpris
Selon Stéphane Guay, directeur du Centre d’étude sur le trauma à l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal, il n’est pas rare que les travailleurs de la santé souffrent de stress post-traumatique après un acte de violence grave ou une accumulation d’incidents.
Les secteurs les plus à risque sont les milieux psychiatres, l’urgence et les centres jeunesse.
La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) associe pour sa part l’augmentation de la violence dans le réseau à la surcharge de travail et aux lacunes au plan de la sécurité, qui découlent, selon elle, des mesures d’austérité imposées par les différents gouvernements.
Deux infirmières et une préposée aux bénéficiaires ont été agressées récemment à l’Hôpital de Granby.
Fin de carrière abrupte pour une infirmière auxiliaire

Pour lire la suite : http://www.journaldemontreal.com/2016/02/11/trop-de-soignants-battus

Source : Journal de Montréal.com

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