SABSA a fermé sa clinique sans rendez-vous

Québec
SABSA a fermé sa clinique sans rendez-vous
30 avril 2016 | Isabelle Porter à Québec | Santé
Photo : Renaud Philippe Le Devoir La clinique SABSA répond à un besoin important de la population, selon l’OIIQ.
Après avoir échoué à convaincre le gouvernement du Québec de la soutenir, la clinique SABSA, située sur le boulevard Charest à Québec, a cessé d’accueillir de nouveaux patients vendredi après-midi. Son personnel se défend par ailleurs d’offrir un service coûteux, comme l’affirmait jeudi le ministre de la Santé, Gaétan Barrette.
Vendredi, la clinique a interrompu son service sans rendez-vous. « On le cesse temporairement le temps de faire la campagne de financement et de voir l’ampleur du montant qu’on va être capables d’aller chercher pour savoir comment on va pouvoir continuer à déployer nos services », explique la coordonnatrice Emmanuelle Lapointe.

SABSA s’est donné jusqu’à la fin du mois de mai pour récolter 250 000 $ sur la plateforme La Ruche. Au moment d’écrire ces lignes, elle avait recueilli 43 560 $.
Malgré la fermeture d’une partie des services, la clinique continue pour l’instant de recevoir les patients qu’elle avait déjà, mais sur rendez-vous. Le service pour les personnes souffrant d’hépatite C est aussi maintenu.

« C’est sûr que notre objectif, c’est de continuer le sans rendez-vous mais à l’heure actuelle […] si on réussit à aller chercher le montant qu’on vise, on serait bon pour faire un bon bout », poursuit Mme Lapointe.

L’équipe se défend par ailleurs d’offrir un service plus coûteux qu’ailleurs comme l’affirmait le ministre Barrette la veille. Jeudi, il a dit qu’il était hors de question qu’il subventionne un « réseau parallèle qui va [lui] coûter 45 % plus cher pour faire plaisir à un groupe d’intérêt ». En se basant sur le plan d’affaires de SABSA, il évalue que le coût moyen d’une visite atteint quelque 130 $ à la coop SABSA, mais 90 $ dans d’autres cliniques intégrées multidisciplinaires comme la clinique l’Actuel, le Groupe santé Westmount Square et la Clinique médicale Quartier latin.

Cette affirmation a fait bondir le groupe de chercheurs qui documente l’expérience de SABSA depuis le début à l’École des sciences infirmières de l’Université de Montréal. Selon son étude, le coût moyen d’une visite à SABSA en 2015 était de 92 $. « Ce n’est donc pas 45 % trop cher comme il le clame, mais un coût équivalent, ce qui prouve encore une fois que SABSA est une organisation efficiente », a écrit le professeur Arnaud Duhoux dans un courriel.
Comment expliquer cet écart ? Les chercheurs s’appuient sur les résultats de 2015 (coûts de fonctionnement de 301 157 $), alors que le ministre se base sur une proposition (ou plan d’affaires) que SABSA avait soumise au Centre intégré de santé l’an dernier (coûts de fonctionnement estimés à 460 000 $).

« Ils nous avaient demandé de leur donner une idée du montant dont on pourrait avoir besoin pour opérer, explique Emmanuelle Lapointe. C’est juste une évaluation. Nous, on a déposé ça pour commencer, mais il n’y a pas eu de discussion après ça. On pourrait par exemple en financer une partie. »
Dans l’évaluation, SABSA proposait d’avoir deux infirmières praticiennes spécialisées (IPS) à temps plein, ce qui n’était pas le cas. « Ça nous permettrait d’opérer tout le temps même si Isabelle [Têtu, l’IPS] n’est pas là », poursuit la coordonnatrice.
SABSA a par ailleurs reçu l’appui du chef d’orchestre de Québec, Bernard Labadie, vendredi. Dans une vidéo diffusée sur le Web, ce « survivant du cancer » enjoint aux gens de contribuer à la cause. « C’est une oeuvre qui est essentielle dans une société dite civilisée qui a la prétention d’avoir de la compassion et de prendre soin de tout le monde », plaide-t-il.

Source : Le devoir. Com
http://www.ledevoir.com/societe/sante/469644/quebec-sabsa-a-ferme-sa-clinique-sans-rendez-vous

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