OPTILAB : Front commun contre la centralisation des laboratoires

OPTILAB : Front commun contre la centralisation des laboratoires
Le syndicat des technologistes annonce qu’il s’adressera aux tribunaux
6 octobre 2016 14h36 |Amélie Daoust-Boisvert | Santé

Québec estime à 75 millions les économies possibles en regroupant les laboratoires de la province.

Les médecins hématologues et oncologues du Québec, la Fédération québécoise des municipalités, le syndicat des technologistes médicaux et l’opposition ont fait une sortie concertée virulente, jeudi matin à Québec, contre le projet de centralisation des laboratoires médicaux pilotée par le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS).

« On traite les laboratoires comme des usines de parapluies », a dénoncé le Dr Martin Champagne. Le président de l’Association des hématologues et oncologues du Québec s’est dit très inquiet pour la sécurité des patients dans le cadre de ce projet baptisé OPTILAB.

Le syndicat a annoncé qu’il déposera une plainte au Tribunal administratif du travail et déposera « massivement » des griefs en vertu du non-respect de la convention collective des technologues de laboratoire. Selon l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), entre 500 et 1000 personnes pourraient perdre leur emploi, soit 10 à 20 % des effectifs actuels. Ils en ont été informés la semaine dernière.

« Monsieur Barrette, je vous annonce qu’on ne laissera pas nos gens se faire traiter ainsi. Ils ne sont pas des pions », a lancé la présidente de l’APTS, Carolle Dubé, en brandissant une convention collective.

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, a par la suite reproché à l’APTS de souhaiter le statu quo. Oui, a-t-il répondu lors d’une mêlée de presse, des emplois seront perdus alors que « pour certaines analyses, un seul robot peut faire le Québec au complet ».

Le ministre a aussi mis en doute l’objectivité des médecins dans ce dossier, accusant ces derniers de « défendre leur intérêt personnel ». Puisque des échantillons seront analysés ailleurs, certains « perdront une rémunération substantielle » localement, a fait remarquer M. Barrette, ajoutant même que le Dr Champagne « risque d’en être un ».

La sécurité du projet mise en doute

À titre de médecin spécialiste en microbiologie, une des trois spécialités médicales liées aux laboratoires, le député de Québec solidaire Amir Khadir a affirmé que le projet déroge aux standards même de la médecine moderne. « Le prix à payer pour les économies annoncées par le gouvernement, c’est de diminuer l’accessibilité, la rapidité et la qualité du service. Ça peut vouloir dire une différence entre sauver un patient ou pas », juge-t-il.

« Ce qui nous préoccupe, c’est la culture du secret », a aussi dénoncé la députée du Parti Québécois Diane Lamarre.

Les détails du projet OPTILAB ne sont pas connus. Québec estime à 75 millions les économies possibles en regroupant les laboratoires de la province. Les laboratoires locaux traiteraient seulement les échantillons urgents ou particulièrement sensibles. Les autres échantillons voyageraient vers ces centres serveurs, parfois à une distance considérable.

« Des échantillons prélevés à Gaspé devront se rendre à Rimouski », dénonce Amir Khadir.

Les municipalités s’inquiètent pour leur part de la perte d’emplois et d’expertise en région.

La Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) rencontrera le ministre Gaétan Barrette à la fin du mois. Elle exige des garanties concernant la sécurité et la qualité du transport ainsi que la traçabilité des échantillons, a-t-elle fait savoir dans un communiqué.

Source : Le devoir.com
http://www.ledevoir.com/societe/sante/481689/optilab-front-commun-contre-la-centralisation-des-laboratoires

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