MEDICAMENTS GENERIQUES

MEDICAMENTS GENERIQUES
Québec abolit pour trois ans le plafond sur les ristournes aux pharmaciens

En 2013, les pharmaciens propriétaires québécois ont obtenu 152 millions de dollars en « allocations professionnelles »
5 janvier 2016 |Jessica Nadeau | Santé

Québec ne limitera plus le montant des ristournes offertes par les fabricants de médicaments génériques aux pharmaciens pour trouver une place de choix sur leurs tablettes. Et ce, même si cela risque de faire augmenter le coût des médicaments génériques, comme le prévoit l’analyse d’impact réglementaire du ministère de la Santé.

Les médicaments génériques ayant tous le même effet thérapeutique, les pharmaciens n’en tiennent généralement qu’une seule marque en stock. Pour inciter les pharmaciens à offrir leur marque plutôt que celle du compétiteur, les fabricants de médicaments génériques offrent donc depuis longtemps des ristournes, appelées « allocations professionnelles ».

En 2012, le gouvernement du Québec a décidé de limiter ces ristournes à un maximum de 15 % de la valeur de vente du médicament. Un règlement oblige également les pharmaciens à déclarer ces revenus et à les réinvestir dans la pharmacie.

Or, quelques années plus tard, voilà que Québec fait volte-face. Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a effectivement publié un projet de règlement dans la Gazette officielle le 23 décembre dernier qui « vise à suspendre, pour une période de trois ans, l’actuelle limite maximale de 15 % pour l’allocation professionnelle consentie par un fabricant de médicaments génériques à un pharmacien propriétaire ».

« Condition essentielle »

C’était là une revendication de l’Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP) pour compenser les coupes de 400 millions de dollars sur trois ans imposées aux pharmaciens par le gouvernement libéral. « Le déplafonnement des allocations professionnelles constituait une condition essentielle à l’acceptation par l’AQPP d’une diminution des sommes versées en honoraires professionnels », peut-on lire dans l’analyse d’impact économique du ministère de la Santé et des Services sociaux datée de novembre 2015.

Rappelons que plusieurs pharmaciens propriétaires menaçaient de réduire leurs services à la population si Québec allait de l’avant sans prévoir de mesures compensatoires.

« Les revenus supplémentaires provenant du déplafonnement des allocations professionnelles permettront de préserver l’offre de services en pharmacie et faciliteront la mise en oeuvre des nouvelles activités que peuvent réaliser les pharmaciens depuis le 20 juin 2015 », écrivent les analystes.

152 millions

En 2013, les allocations professionnelles ont totalisé 152 millions de dollars pour les pharmaciens propriétaires du Québec. Et ces derniers auront désormais le beau jeu, puisque la loi canadienne interdit aux fabricants de médicaments génériques de se concerter entre eux pour établir le montant des ristournes.

« Rien n’oblige les fabricants de médicaments génériques à verser des allocations professionnelles aux pharmaciens propriétaires. Toutefois, si un fabricant cessait de verser des allocations professionnelles ou accordait des allocations professionnelles moins généreuses que ses concurrents, il risquerait de perdre une partie de sa clientèle (pharmaciens propriétaires) puisque celle-ci se tournerait fort probablement vers des fabricants plus généreux. »

Cette mesure aura des impacts, prévient le ministère : « Des fabricants pourraient être tentés de réviser leur niveau d’activités au Québec (ex. : fabrication de médicaments ou [révision de] leurs projets d’investissements). Cette hausse de coûts risque aussi de produire des conditions moins favorables à l’obtention de nouvelles baisses de prix au cours des prochaines années. »

Consultations

L’Association canadienne du médicament générique (ACMG) n’a pas mis de temps à réagir. « Le déplafonnement total, tel qu’il est proposé, serait doublement injuste : non seulement les fabricants de médicaments génériques seront les seuls à assumer la facture, mais le montant exigible par les pharmaciens devient, dans les faits, largement supérieur à la compensation qu’ils demandaient initialement », écrit l’association dans un communiqué de presse publié le 23 décembre. L’ACMG compte profiter de consultations de 45 jours avant l’adoption du règlement pour présenter une étude économique au ministre afin de l’inciter à « maintenir un encadrement raisonnable

Source : Le Devoir.com
http://www.ledevoir.com/societe/sante/459337/medicaments-generiques-quebec-abolit-pour-trois-ans-le-plafond-sur-les-ristournes-aux-pharmaciens

Nos derniers tweets:

Sur FaceBook :

RSS