Médecins et pharmaciens veulent des pouvoirs élargis

CRISE DES OPIOÏDES
Médecins et pharmaciens veulent des pouvoirs élargis

Le problème est moins aigü à Montréal qu’à Vancouver ou Toronto
14 décembre 2016 |Amélie Daoust-Boisvert | Santé

À Vancouver, à la fin de l’été, des citoyens ont déambulé dans la rue, portant un cercueil, en souvenir de ceux qui sont morts d’une surdose de drogue.
Pour surveiller les médecins et les pharmaciens qui favorisent le passage d’opioïdes du marché légal à la rue, le Collège des médecins et l’Ordre des pharmaciens du Québec demandent plus de pouvoirs au gouvernement.

Les ordres professionnels demandent l’accès aux données de prescription de la RAMQ et des assureurs privés pour dépister les professionnels de la santé qui ont un profil de prescription « atypique » et enquêter.

Le président du Collège des médecins, le Dr Charles Bernard, a déploré en conférence de presse mardi ignorer « qui prescrit à tour de bras » des quantités importantes qui peuvent « se retrouver dans la rue ».« Si on pouvait avoir ces données et enquêter, on pourrait suspendre ou radier les médecins fautifs », a-t-il fait savoir. Cela nécessiterait des modifications législatives.

L’Ordre des pharmaciens souhaiterait également savoir ce que les grossistes livrent comme opioïdes aux officines pour détecter les commandes trop imposantes et potentiellement suspectes.

« Nous pourrions détecter les profils de commande anormaux et faire plus de prévention », a fait valoir le président de l’Ordre des pharmaciens, Bertrand Bolduc.

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, estime qu’il ne peut accéder à leurs demandes pour l’instant. « Il y a un enjeu d’accès à l’information et de protection des renseignements personnels. Le ministre travaille sur cet enjeu avec sa collègue, Mme De Santis, qui est en train de réviser la Loi sur l’accès à l’information », explique son attachée de presse, Julie White, alors que le ministre est en déplacement à Paris.

La première phase d’un plan d’action contre l’abus d’opioïdes consiste en la réalisation d’un portrait de leur usage, mandat qui a été confié à l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS), précise Mme White.

Une tempête à nos portes

Bien que la crise des opioïdes frappe de plein fouet les États-Unis ainsi que la Colombie-Britannique et l’Ontario, le Québec est encore relativement épargné. Il faut se préparer, croit le Dr Bernard. « Le train est à Toronto, il s’en vient à Montréal, a-t-il averti. Sans ces données, on ne peut faire notre travail que partiellement alors que ce qu’on souhaite, c’est prévenir des décès. »

Selon des données que le CMQ a obtenues auprès du Bureau du coroner, le nombre de décès par surdose d’opioïdes a doublé au Québec entre 2005 et 2014, passant de 62 à 146 par an.

Source : Le devoir.com
http://www.ledevoir.com/societe/sante/487025/lutte-contre-la-crise-des-opioides

Nos derniers tweets:

Sur FaceBook :

RSS