Les réformes minent la santé mentale du personnel de la santé

PROJET DE LOI 10
Les réformes minent la santé mentale du personnel de la santé, dit un sondage
23 janvier 2017 |François Desjardins | Santé

L’APTS a dévoilé les résultats du sondage sur la santé mentale de ses membres dimanche. Au centre, la présidente du syndicat, Carolle Dubé.

La réorganisation du système pilotée par le ministre Gaétan Barrette laisse des traces sur la santé mentale d’une bonne partie du personnel du réseau de la santé, affirme, sondage en main, un syndicat de 32 000 professionnels et techniciens.

Deux ans après l’adoption du projet de loi 10, et face à l’actuel projet Optilab visant à centraliser des laboratoires, l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) affirme que 59 % des répondants vivent un niveau de détresse « élevé » ou « très élevé ».

Le sondage, effectué de la fin octobre à la fin novembre, a récolté l’opinion de 6980 membres de l’APTS et a été mené avec l’appui de chercheurs du groupe de Recherches sur les interrelations personnelles, organisationnelles et sociales du travail, dont plusieurs sont affiliés à l’Université Laval. Le syndicat compte notamment des ergothérapeutes, des psychologues, des travailleurs sociaux, des techniciens en diététique, des technologues en radiologie, des orthophonistes et des physiothérapeutes.

« Il y a un ensemble de réorganisations, mais une réorganisation qui a un impact, c’est celle du projet de loi 10 », a dit en conférence de presse la présidente de l’APTS, Carolle Dubé. « Tout le pouvoir est concentré dans les mains du ministre. Il fait ça au détriment de l’autonomie des établissements, de l’autonomie du personnel, il fait ça sans consultation. Ça crée énormément de dégâts sur le terrain. »

Mme Dubé espère pouvoir rencontrer le ministre et souhaite qu’il ait « les mêmes préoccupations par rapport à la santé des gens ».

Réaction du cabinet

L’APTS a indiqué qu’une partie du Plan d’action en santé mentale 2015-2020 stipule que les établissements doivent mettre en oeuvre des conditions et des pratiques qui « favorisent la santé mentale » de leur personnel.

Or, dans une déclaration écrite, l’attachée de presse du ministre, Julie White, a assuré que Québec accorde de l’importation à la santé et à la sécurité au travail et que « nous suivons la mise en place de ces plans d’action à travers le réseau ». La convention collective prévoit aussi un comité paritaire.

De plus, le cabinet n’a pas accès au sondage complet, « ni aux détails ou aux bases qui leur permettent de conclure que la réforme est la cause des enjeux de santé mentale dans le réseau », a ajouté Mme White.

Le sondage suggère notamment que 35 % des répondants se sont absentés du travail pour cause d’ordre psychologique dans la dernière année. Par ailleurs, à la question les invitant à dire si la réorganisation du réseau a influé négativement sur leur travail, 58 % ont répondu « beaucoup » ou « énormément ».

Au sujet de la détresse psychologique, 41,7 % disent en être affectés à un niveau « élevé » alors que 16,9 % indiquent l’être à un niveau « très élevé », le cumul de ces deux taux étant trois fois plus élevé que celui de 18 % observé sur le marché du travail par l’Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail.

SOURCE : Le Devoir.com.

http://www.ledevoir.com/societe/sante/489815/sante-mentale-des-travailleurs-de-la-sante-l-apts-sonne-l-alarme

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