La malnutrition dans les hôpitaux canadiens, un problème répandu

La malnutrition dans les hôpitaux canadiens, un problème répandu
29 septembre 2015 |Jessica Nadeau | Santé

Les patients dénutris ne sont pas recensés à leur admission à l’hôpital et leur situation empire lors de leur séjour.
La malnutrition aggrave l’état de santé des patients et prolonge leur séjour dans les hôpitaux canadiens, révèle une nouvelle étude du Groupe de travail canadien sur la malnutrition.

« Un nombre inacceptable de Canadiens ne reçoivent pas des soins nutritionnels durant leur hospitalisation. Cela compromet leur rétablissement et pourrait coûter des millions de dollars au système de santé canadien, dénonce la présidente du groupe, Heather Keller, dans un communiqué. La malnutrition augmente la morbidité ainsi que les taux de réadmission et de mortalité. En moyenne, chaque patient souffrant de malnutrition demeure hospitalisé entre deux et trois jours de plus qu’un patient ayant un bon état nutritionnel, et en conséquence, cela coûte environ 2000 $ de plus par hospitalisation. »

L’étude a été menée sur trois ans auprès de 1000 patients dans 18 hôpitaux de 8 provinces, dont 3 hôpitaux au Québec. Mais il est impossible d’isoler les données à l’échelle québécoise, soutient la présidente de l’Ordre professionnel des diététistes du Québec et coauteure de l’étude, Paule Bernier.

« Je ne veux pas faire d’inférence statistique, mais je serais très surprise que ce soit différent au Québec, affirme-t-elle en entrevue. Comme les données canadiennes sont en tout point semblables aux données internationales, je ne vois pas pourquoi le Québec serait à ce point distinct. »

Dépistage

Les chercheurs ont montré que 45 % des patients arrivent à l’hôpital en état de dénutrition modéré ou avancé. Cela est dû, selon Mme Bernier, au fait que les gens malades ont des besoins nutritionnels plus importants, mais que l’appétit ne suit pas. « C’est très complexe d’essayer de régler le problème en amont, mais est-ce qu’on peut au moins l’identifier quand le patient met les pieds dans l’hôpital, ce qui n’est pas le cas actuellement. »

Les patients dénutris ne sont pas recensés à l’admission et leur situation empire lors de leur séjour. Même chez ceux qui arrivent en bonne condition, près du tiers quittent l’hôpital en situation de malnutrition.

Et ce n’est pas tant la qualité de la nourriture qui est en cause, constate Mme Bernier, que l’environnement, comme le bruit ambiant, l’interruption des repas, le manque de temps pour manger ou le manque de personnel pour aider les patients. Elle propose de faire de l’heure des repas « quelque chose de privilégié et de sacré ».

Quant aux jeûnes imposés pour les opérations, elle constate que ceux-ci sont souvent beaucoup trop longs. Elle recommande par ailleurs de pallier ces périodes de privation en alimentant les patients par intraveineuse. « L’alimentation et la nutrition sont une partie intégrante des soins médicaux et chirurgicaux », plaide-t-elle.

Source : Le Devoir.com

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