Des soins pourraient disparaître en raison de l’abolition des frais accessoires

Des soins pourraient disparaître en raison de l’abolition des frais accessoires

Régys Caron
Mardi, 20 décembre 2016 00:00 MISE à JOUR Mardi, 20 décembre 2016 00:00
L’abolition des frais accessoires promise par le ministre de la Santé entraîne déjà l’arrêt de soins médicaux spécialisés à deux semaines de l’échéance fixée par M. Barrette, a appris Le Journal.
L’Institut de physiatrie du Québec (IPQ) à Montréal vient d’informer certains de ses patients qu’il ne peut fixer de rendez-vous pour leur prochain traitement prévu au début janvier. « Considérant l’incertitude face aux services que nous vous offrons, vous comprendrez que nous ne pouvons pas donner de rendez-vous immédiatement », écrit l’IPQ à ses patients.
« Ça me cause une douleur chronique à la tête et aux épaules. Ça m’empêche de dormir et j’ai perdu mon emploi à cause de ça, a confié une patiente de l’IPQ désirant ne pas être identifiée. À cause de leur truc de frais accessoires, je ne suis pas traitée », se plaint l’ex infirmière, victime d’un accident de la route en 2010.
Date limite
L’affaire remonte à la décision du ministre de la Santé Gaétan Barrette d’abolir les frais accessoires facturés par les médecins. En septembre, M. Barrette souhaitait déposer un règlement pour que l’abolition soit en vigueur le 1er janvier 2017. À 12 jours de l’échéance, le règlement n’a toujours pas été déposé, jetant les médecins et leurs patients dans l’incertitude.
Interpellé à ce sujet, le ministère de la Santé a cependant réitéré que « tous les frais accessoires seront abolis ».
Des discussions ont cours avec les deux fédérations médicales pour éviter toute interruption de service. Par exemple, les tarifs pour certains actes médicaux des généralistes seront ajustés sans que l’État ait à débourser davantage.
« On a accepté de prendre ça à l’intérieur de notre rémunération », a précisé le président de la Fédération des médecins omnipraticiens, le Dr Louis Godin.
La situation semble plus compliquée avec les médecins spécialistes, les soins qu’ils donnent étant plus coûteux. L’IPQ confirme que des soins sont à risque. « C’est pour les patients référés pour des injections en salle fluoroscopique. On charge entre 200 $ et 250 $ par patient. Si je vois 20 patients dans une journée, ça équivaut à 4000 $. Je ne paierai pas pour travailler », assure le Dr Marc Filiatrault, physiatre à l’IPQ.
La gastroentérologie est aussi en mode d’interruption de service. La clinique d’endoscopie Spécialistes MD de Westmount vient de fermer ses portes. « D’autres cliniques attendent pour savoir à quoi s’en tenir. S’il y a abolition des frais accessoires, elles ne pourront pas survivre », prévient Josée Parent, présidente de l’Association des gastro-entérologues du Québec.
Les gastroscopies et colonoscopies, pour lesquelles les patients doivent payer respectivement 300 $ et 500 $, risquent de disparaître, a signifié la Dre Parent.
« Explosion » des retards
La disparition de soins médicaux offerts en cliniques forcera les patients à se tourner vers le réseau hospitalier.
« Les listes d’attente vont exploser ! » prévient Marc Filiatrault.
L’origine des frais
• Les frais accessoires se sont développés au milieu des années 1990 alors que le réseau hospitalier réduisait la prestation de plusieurs services médicaux ;
• Les médecins ont ouvert des cliniques pour offrir ces services ; ils disent facturer aux patients le coût de certains équipements sophistiqués ;
• Des frais accessoires aussi sont facturés pour des soins moins coûteux, dont les gouttes ophtalmologiques et les vasectomies ;
• Le ministre de la Santé Gaétan Barrette a décidé, en septembre, d’interdire tous les frais accessoires à compter du 1er janvier 2017 ;
• M. Barrette estime que les frais accessoires représentent des revenus de 83 millions $ : 65 millions $ pour les médecins spécialistes et 18 millions $ pour les omnipraticiens ;
• Des spécialités médicales menacent d’interrompre la prestation de certains services.
Source : Journal de Montréal. Com
http://www.journaldemontreal.com/2016/12/20/des-soins-pourraient-disparaitre

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