Des jeunes médecins de famille exaspérés par la quête d’un poste

SANTE
Des jeunes médecins de famille exaspérés par la quête d’un poste
Les résidents de l’Université McGill rendent publics leurs griefs à l’égard du système
25 janvier 2017 | Pauline Gravel - Avec Amélie Daoust-Boisvert | Santé

Les médecins résidents de l’Université McGill dénoncent le fait que le nombre de postes disponibles par région n’a été rendu public que deux semaines après le début de la période de soumission.
De nombreux résidents en médecine familiale n’ont pas trouvé de poste au Québec pour exercer leur profession lorsqu’ils recevront leur diplôme le 30 juin prochain. Dans une lettre ouverte, les médecins résidents de l’Université McGill, dont 44,8 % n’ont pas obtenu de confirmation qu’ils auront un poste au Québec, en imputent la faute au ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), qui impose un processus d’application et de sélection « compliqué », « nébuleux », peu transparent, voire « injuste », affirment-ils.

Pour obtenir un poste de médecin de famille au Québec, les résidents de toutes les facultés de médecine du Québec devaient soumettre, entre le 15 octobre et le 15 novembre 2016, leurs offres de service dans une ou plusieurs sous-régions de l’une ou l’autre des 18 régions administratives du Québec.

Au moment de faire leur choix, ils devaient disposer du nombre de postes disponibles dans ces différentes sous-régions, comme déterminé dans les PREM (plans régionaux d’effectifs médicaux), qui sont établis chaque année par le MSSS en collaboration avec la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) et les acteurs du milieu dans le but de s’assurer que tous les citoyens de la province aient accès à un médecin de famille.

Or, dans une lettre ouverte, les médecins résidents de l’Université McGill dénoncent le fait que le nombre de postes disponibles par région n’a été rendu public que deux semaines après le début de la période de soumission, « alors qu’une majorité de résidents en médecine familiale avaient déjà soumis leurs candidatures ».

Nadine Chata, vice-présidente aux affaires pédagogiques en médecine familiale de l’Association des résidents de McGill (ARM), précise à quel point le processus de demande d’emploi est complexe et lourd. « Pour postuler à un poste de médecin de famille, nous devons trouver une clinique qui peut nous accueillir. Pour ce faire, nous devons d’abord contacter le directeur régional de médecine générale [DRMG] du réseau local de services [RLS] qui nous intéresse afin de connaître les besoins précis de ce RLS et voir s’ils correspondent à nos attentes. Ensuite, nous devons nous présenter à cette clinique pour obtenir son accord et éventuellement une lettre de soutien. Nous devons trouver combien de postes sont disponibles dans ce RLS afin de faire un choix stratégique. Il nous faut aussi rédiger une lettre de motivation et fournir un curriculum vitae à jour », explique-t-elle.

Compte tenu de la lourdeur du processus, « il faudrait que le MSSS publie le nombre de postes disponibles par région, par sous-région et par RLS des mois avant la période de postulation », insiste-t-elle.

Les auteurs de la lettre s’insurgent aussi contre le fait que certains postes affichés avaient déjà été promis, voire accordés à des résidents « avant même que la période de soumission soit terminée », et donc « sans passer par le processus de sélection officielle », souligne Mme Chata.

Les résidents aimeraient également connaître les critères de sélection qui sont utilisés pour choisir un résident plutôt qu’un autre. Ils déplorent aussi le fait que ce ne sont pas toutes les régions qui convoquent les résidents en entrevue, et ce, particulièrement lorsque le nombre de candidats dans une sous-région est supérieur au nombre de postes à pourvoir. « Dans n’importe quelle profession, on a accès à une entrevue. Or, sans entrevue, il est très difficile de différencier les résidents les uns des autres puisqu’ils ont tous la même formation », fait remarquer la Dre Chata.

Une résidente de l’Université McGill qui requiert l’anonymat a confié au Devoir ne pas savoir ce qui lui arrivera depuis qu’elle a été informée en décembre dernier que les trois postes qu’elles convoitaient, dont deux à Montréal dans des quartiers défavorisés et un en région éloignée, lui ont été refusés. « Nous n’avons aucune information sur les postes qui seraient encore disponibles et où je pourrais poser ma candidature », déplore-t-elle, avant de souligner que plusieurs de ses collègues sont courtisés de près par des cliniques privées ou même lorgnent du côté de l’Ontario. « C’est terrible que de nouveaux médecins songent dès le début de leur carrière à se désaffilier de la RAMQ faute d’options ! » déplore-t-elle.

Le président de la Fédération des médecins résidents du Québec (FMRQ), le Dr Christopher Lemieux, demande à Québec de mettre en place une meilleure planification des effectifs médicaux. « Il y a environ 500 finissants cette année. Quelques dizaines retournent dans leur province d’origine ou quittent le Québec pour différentes raisons. Au final, il y aurait eu 416 postulations pour 400 postes disponibles. Il y a un problème », pointe-t-il.

Le cabinet du ministre Gaétan Barrette a répliqué en assurant que « le processus des PREM est rigoureux et transparent ». « Si un poste de nouveau facturant est vacant, le DRMG accepte la candidature. Cependant, s’il y a plus de candidats que le nombre de postes disponibles, le DRMG choisit les candidats qui répondent le mieux aux besoins du sous-territoire », a précisé l’attachée de presse du ministre, Julie White.

Source : Le devoir.com.
http://www.ledevoir.com/societe/sante/490010/sante-des-medecins-jugent-difficile-la-quete-d-un-poste

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