Des CHSLD servent des pommes de terre déshydratées

Des CHSLD servent des pommes de terre déshydratées
Plusieurs produits comme les raisins, le chou-fleur et le bacon ont été retirés des menus de 12 résidences
Héloïse Archambault
Mercredi, 15 juin 2016 06:30 MISE à JOUR Mercredi, 15 juin 2016 06:30
Raisins, chou-fleur, bacon, veau : 12 CHSLD et deux hôpitaux de Montréal ont retiré ces aliments de leur menu au cours des derniers mois parce qu’ils coûtent trop cher, a appris Le Journal.
Même les vraies patates pilées ont été remplacées par des pommes de terre déshydratées, mais la direction assure que c’est pour la sécurité des résidents, et non pas pour économiser de l’argent.
« On coupe, on coupe, on coupe dans tout, déplore Robert Tremblay, 56 ans, qui vit au centre d’hébergement Notre-Dame-de-la-Merci, à Montréal. Je passe pour le chialeux de la place, mais à un moment donné, c’est assez. »
Comme à la maison
La hausse du panier d’épicerie a forcé la direction du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) du Nord-de-l’Île-de-Montréal à revoir son menu quotidien.
Au cours des derniers mois, plusieurs aliments ont été retirés de 12 CHSLD et deux hôpitaux (voir liste) parce qu’ils coûtaient trop cher. Le veau a été remplacé par le porc ou le poulet, et les raisins ont été retirés.
« On gère comme dans nos maisons », confirme Patricia McDougall, responsable des services alimentaires pour le CISSS.
« Quand le chou-fleur monte à 10 $, c’est le brocoli que je vais servir, dit-elle. C’est la même valeur nutritive, mais ça coûte 2 $ au lieu de 10 $. »
Quant au bacon, la direction invoque une question de prix, mais aussi de sécurité, puisque certains résidents risquent de s’étouffer. Malgré tout, le CISSS a fait le choix de continuer à servir de la viande.
Ils aiment la viande
« Les aînés aiment manger de la viande. Au lieu de la remplacer avec plus de pâtes, des patates ou des légumineuses, on la garde. Mais, on sert du porc ou du poulet, qui coûtent moins cher », explique Mme McDougall.
Cette dernière souligne aussi que les menus sont révisés de façon constante.
« Le veau n’est pas banni à tout jamais », assure-t-elle. Mais, quand il coûte 42 % plus cher, je fais un choix de viande qui entre dans l’équilibre budgétaire. »
Pour éviter le gaspillage, le nombre de sortes de jus offerts a aussi été réduit, et le bar à sandwich du CHSLD Notre-Dame-de-la-Merci a été retiré.
Risque de grumeaux
Membre du comité du menu de sa résidence, M. Tremblay a formulé une plainte à propos des pommes de terre déshydratées.
Dans la réponse du 2 juin dernier, le CISSS écrit que : « La qualité de pommes de terre ne permet pas toujours une purée lisse sans morceaux. Ces problèmes présentent des risques de santé pour les usagers dysphagiques dont le nombre est en hausse. »
On ajoute que la pomme de terre déshydratée contient plus de vitamine C, et « légèrement moins » de potassium.
« Le flocon de patate est un choix équitable qui permet de contrôler la texture, ajoute Mme McDougall. Quand on réduit des pommes de terre naturelles en purée, il se peut qu’il reste des grumeaux. »
Ainsi, les flocons desséchés sont gonflés dans l’eau pour faire une purée. « Ce n’est pas tout à fait le même goût, moi je les trouve excellentes », ajoute-t-elle.
« Je ne mangerai jamais ça de ma vie !, jure M. Tremblay, qui a droit aux vraies patates. Mais, je ne me plains pas pour moi, mais pour tous les autres qui sont sans voix. »


Source : Journal de Montréal
http://www.journaldemontreal.com/2016/06/15/des-chsld-servent-des-pommes-de-terre-deshydratees

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