CHIRURGIES REPORTEES

CHIRURGIES REPORTEES
« C’est à l’hôpital de faire les choix », répond Gaétan Barrette
2 décembre 2015 |Jessica Nadeau | Santé

Malgré les demandes de patients, de l’administration de l’Hôpital général juif et du médecin responsable du programme d’implantation de sphincters artificiels, le ministre Barrette n’a pas l’intention de venir en aide à l’hôpital pour lui permettre de reprendre les chirurgies annulées et reportées aux années prochaines en raison d’un manque d’argent.

« Ils [les gestionnaires de l’Hôpital général juif] ont des choix à faire et c’est à eux de gérer leur situation à l’interne », affirme le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, questionné mardi à l’entrée du caucus des libéraux à Québec.

Il réagissait à l’article du Devoir, publié samedi dernier, qui révélait que l’Hôpital général juif de Montréal était dans l’obligation d’annuler des chirurgies visant à implanter des sphincters artificiels à des hommes qui ont développé une incontinence urinaire sévère au terme de traitements pour un cancer de la prostate. Le médecin qui procède à ces opérations ultraspécialisées, l’un des rares à offrir ce traitement au Québec, avait écrit à ses patients pour les inciter à se plaindre en haut lieu. La direction du centre intégré universitaire de santé et services sociaux (CIUSSS) du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal confirmait qu’elle avait dû suspendre ce programme « pour des raisons budgétaires ». On affirmait travailler « étroitement » avec le ministère pour « trouver une solution ».

Mais le ministre de la Santé répète que c’est à l’hôpital de faire les choix qui s’imposent et refuse le lien avec les compressions imposées au réseau. « Je n’accepterai pas qu’on prenne les réformes qui sont en train d’être mises en place et le retour à l’équilibre budgétaire pour faire en sorte que l’hôpital, qui a des arbitrages à faire, ne les fasse pas. Il y a toujours eu des arbitrages à faire dans un hôpital, il y en a encore aujourd’hui et il y en aura encore dans le futur. Alors j’invite la direction de ce CIUSSS à faire ses arbitrages. »

Le ministre critique la sortie du médecin, qui a osé prendre la parole publiquement pour dénoncer une situation qu’il jugeait inacceptable. « Je trouve cela déplorable, à la limite déplacé, qu’on prenne la voie des médias pour régler une problématique interne à l’hôpital. »

Gaétan Barrette soutient que le budget de l’établissement est évalué sur une base historique et qu’il s’agit d’une nouvelle technologie pour laquelle on n’avait pas prévu de budget au départ et qui devra être « évaluée ».

Pour Paul Brunet, du Conseil pour la protection des malades, c’est une preuve de plus que les réductions de budgets dans les hôpitaux ne touchent plus juste les services administratifs, mais les services à la population. « En santé, tout le monde s’entend pour dire qu’on est rendu à couper dans les services. Même le ministre ne peut pas dire le contraire, il n’est pas menteur à ce point-là. »

Source ; Le devoir.com

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