Caméras dans les CHSLD : les syndicats réticents

Caméras dans les CHSLD : les syndicats réticents

Geneviève Lajoie
Mercredi, 18 janvier 2017 11:41 MISE à JOUR Mercredi, 18 janvier 2017 18:44
Les syndicats ont des réserves quant à l’utilisation de caméras dans les chambres des résidents des CHSLD.
La ministre Francine Charbonneau a déposé mercredi les orientations de son gouvernement concernant l’usage des caméras de surveillance dans les établissements exploitant une mission de centre d’hébergement et de soins de longue durée.

Les aînés qui le souhaitent peuvent installer des caméras comme bon leur semble dans leur chambre, convient la ministre. Une pancarte devra toutefois être visible à l’entrée des CHSLD informant les visiteurs ou employés qu’ils peuvent être filmés.

« Ce que ça peut faire, c’est faire en sorte que les gens vont y réfléchir à plus d’une fois avant de poser des gestes ingrats et des gestes qui atteignent la dignité des gens », a insisté Mme Charbonneau, en marge des consultations sur le projet de loi 115 sur la maltraitance envers les aînés.

S’ils ne sont pas formellement opposés à l’usage de caméras dans les CHSLD, les syndicats sont réfractaires à ce que les employés des établissements soient épiés de la sorte à longueur de journée dans le cadre de leur travail. Selon le président de la FTQ, Daniel Boyer, cette pratique « bafoue des droits fondamentaux » prévue à la Charte des droits et libertés de la personne.

Tous des délinquants
« Les caméras cachées, c’est comme si on prétendait que l’ensemble des gens ou une majorité des préposés aux bénéficiaires était délinquant, ce n’est pas le cas. Je suis un ancien préposé aux bénéficiaires, d’ailleurs j’ai fait ça pendant 7 ans, j’ai vu que du bon monde, ou à peu près », a plaidé M. Boyer.
Selon lui, la présence de caméras devrait être autorisée seulement lorsqu’on a des motifs sérieux de croire qu’une personne est victime de mauvais traitements.

Il signale qu’un syndicat affilié à la FTQ s’est d’ailleurs adressé à la Cour d’appel concernant le droit ou non des résidents à installer des caméras dans leur chambre. « Avant de bafouer des droits fondamentaux, ça mériterait qu’on attende peut-être l’opinion des tribunaux supérieurs ».

Bâtonnière
Mais selon la bâtonnière du Québec, Me Claudia Prémont, une personne âgée qui réside en CHSLD est libre de faire ce qu’elle veut dans sa chambre « parce qu’elle est considérée comme étant chez elle ».

Solution facile
À la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ), on n’est pas contre l’idée d’installer des caméras dans certaines circonstances. Il ne faut pas toutefois que le gouvernement se réfugie derrière cette unique solution. « Les caméras, c’est la solution facile, il faut aussi associer à ça de la prévention, faire de la formation, être capable d’arrêter de minuter » les soins, précise la présidente Régine Laurent.

Elle estime que des consultations publiques sont souhaitables sur le sujet avant de réglementer. Mme Laurent s’inquiète de l’interprétation qui pourrait être faite de ces images. Elle craint également que les vidéos ne se retrouvent ultimement sur Youtube.
Source : Journal de Montreal.com
http://www.journaldemontreal.com/2017/01/18/cameras-dans-les-chsld-les-syndicats-ont-des-reserves

Nos derniers tweets:

Sur FaceBook :

RSS