Barrette met de la pression sur les spécialistes

ACCES AUX SOINS
Barrette met de la pression sur les spécialistes
Le ministre de la Santé demande aux médecins de « redoubler d’efforts » pour atteindre les cibles
18 août 2016 |Marie-Michèle Sioui | Santé

La Presse canadienne

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a présenté mercredi des données concernant l’accès aux soins, graphique à l’appui.

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, venait à peine de dévoiler mercredi les progrès dans l’atteinte des cibles imposées aux médecins spécialistes que les uns félicitaient le travail accompli et les autres critiquaient l’approche privilégiée par son gouvernement.

Par souci de « transparence », le ministre a annoncé que le nombre de patients en attente de chirurgie depuis plus d’un an est passé de 7009 à 4995 entre le 1er janvier et le 30 juin, tandis que le nombre de chirurgiens ayant des demandes en attente d’une chirurgie depuis plus d’un an est passé de 708 à 498.

Gaétan Barrette a aussi présenté les critères dont tient compte le gouvernement pour évaluer l’amélioration de l’accès aux soins en médecine spécialisée (voir encadré).

Pour le ministre, il s’agit de nouvelles encourageantes, qui doivent néanmoins amener les médecins spécialistes à « redoubler d’efforts » pour atteindre les objectifs prévus pour le 31 décembre 2017. Ceux qui ne le feront pas subiront une coupe de 30 % de leur rémunération, a-t-il rappelé.

À la Fédération des médecins spécialistes du Québec, la présidente Diane Francoeur a dit avoir bon espoir de voir les spécialistes atteindre les cibles… à condition que le gouvernement continue d’y mettre du sien. « La seule chose qui ferait en sorte qu’on ne les atteigne pas, ce serait que le gouvernement ne déploie pas les ressources nécessaires », a-t-elle commenté. Pour l’instant, la collaboration est bonne, a-t-elle assuré. « Le ministre s’est engagé à régler les problèmes à mesure qu’on les identifie pour qu’on puisse atteindre ses cibles. »

L’opposition moins optimiste

Dans l’opposition, on a décrié une approche qui privilégie la productivité au détriment de la qualité. « Les médecins qui en bénéficient le plus sont ceux qui voient leurs patients pour des consultations rapides. Nous connaissons les conséquences engendrées par cette médecine accélérée : la surprescription de médicaments, les tests et consultations inutiles, les diagnostics bâclés ou l’abandon du suivi des cas les plus complexes », a commenté Amir Khadir, député de Québec solidaire et lui-même médecin spécialiste.

Pour la porte-parole du Parti québécois en matière de santé et d’accessibilité aux soins, Diane Lamarre, la progression des indicateurs d’accessibilité aux soins montre que les cibles établies par le Dr Barrette sont irréalistes.

« Les cibles quant aux délais de réponse aux demandes de consultation à l’urgence ne concernent que les plages horaires entre 8 h et 16 h, et seulement du lundi au vendredi, a-t-elle rappelé. Donc, pour tous ceux qui sont à l’urgence les soirs ou la fin de semaine, les chiffres, ratios, cibles et pourcentages — avec lesquels tente de nous endormir le ministre — n’améliorent en rien l’accès aux soins. Ce que ça signifie, c’est qu’au Québec, on ne peut pas être malade du vendredi à 16 h au lundi à 8 h. »

Source : Le Devoir.com
http://www.ledevoir.com/societe/sante/477986/acces-aux-soins-barrette-met-de-la-pression-sur-les-specialistes

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