Appel à l’aide pour la clinique sans médecin

QUEBEC
Appel à l’aide pour la clinique sans médecin
22 mars 2016 | Isabelle Porter à Québec | Santé

La clinique SABSA offre un « service à bas seuil d’accessibilité ».
Plus de 70 professeurs en soins infirmiers demandent au ministre de la Santé, Gaétan Barrette, de revoir sa décision dans le dossier de la clinique sans médecin SABSA à Québec.

Le groupe reproche au gouvernement de ne pas soutenir la clinique qui, faute de financement, se prépare à fermer ses portes le 1er mai. Selon les professeurs, « la fermeture à l’innovation » et la « frilosité » du gouvernement « privent le réseau public de la pleine contribution de la relève ».

« La société sort grande perdante de cet aveuglement qui ne profite qu’aux intérêts mercantiles qui se déploient dans le secteur de la santé », écrivent-ils dans une lettre envoyée à différents médias lundi.

Les auteurs s’inquiètent en même temps de l’émergence des cliniques infirmières privées et font valoir que « l’universalité et l’équité de l’accès aux soins » sont « menacées ».

Comme son nom l’indique, la clinique SABSA offre un « service à bas seuil d’accessibilité ». Située dans le quartier Saint-Roch à Québec, elle est gérée uniquement par des infirmières dont une infirmière praticienne spécialisée, Isabelle Têtu. Elle dessert environ 1300 patients, y compris des personnes avec des problèmes lourds en santé mentale ou en toxicomanie qui ont besoin d’un suivi tout comme des résidants qui la consultent pour des problèmes mineurs.

L’opposition en remet

Le ministre Barrette estime que SABSA propose un système parallèle aux GMF et ne souhaite pas créer de précédent. Pour soutenir SABSA, il a exigé que Mme Têtu se joigne à un GMF, ce à quoi elle s’oppose.

Dans leur lettre, les professeurs reviennent là-dessus et avancent que SABSA n’a pas l’ambition de développer un système de santé parallèle. « Les membres de cette coopérative de solidarité souhaitent, au contraire, contribuer au développement et à l’amélioration du système de santé public et universel en proposant une formule économique permettant d’offrir des soins de premières lignes de proximité sensibles aux besoins des populations plus vulnérables. »

La lettre a circulé à l’initiative des professeurs Bernard Roy (Université Laval), Arnaud Duhoux et Damien Contandriopoulos (Université de Montréal) qui étudient le projet SABSA depuis ses débuts. Le document a été signé par 76 professeurs en soins infirmiers de l’Université Laval, l’Université de Montréal, l’Université McGill, l’Université de Sherbrooke, l’Université d’Ottawa, l’Université du Québec à Rimouski, l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, l’Université du Québec à Chicoutimi et l’Université du Québec en Outaouais.

Cette intervention survient alors que la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ) a convoqué les médias mardi à une conférence de presse dans le dossier avec des députés du Parti québécois (Agnès Maltais et Diane Lamarre) et de Québec solidaire (Amir Khadir).

La FIQ avait financé les premiers mois d’activité de la coopérative SABSA par une aide de 300 000 $. En 2015, elle annonçait qu’elle finançait un second projet du genre en milieu rural à Chénéville, en Outaouais.

La semaine dernière, Agnès Maltais a déposé une pétition à l’Assemblée nationale pour demander au gouvernement « d’assurer la survie » de la clinique SABSA. Au moment d’écrire ces lignes, 2500 personnes l’avaient signée.

Souce : Le devoir.com
http://www.ledevoir.com/societe/sante/466130/quebec-appel-a-l-aide-pour-la-clinique-sans-medecin

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