Abus mortels de stimulants

Jean-François Racine
Samedi, 7 novembre 2015 22:30 MISE à JOUR Samedi, 7 novembre 2015 22:43
Abus mortels de stimulants
Des surdoses non intentionnelles provoquent des décès par mort subite
Les consommateurs de caféine et autres stimulants en proie à des problèmes cardiaques sont de plus en plus nombreux dans les urgences, et des coroners se retrouvent même avec des décès à élucider.
Carine Leblanc, décédée en janvier dernier, dont les résultats des prélèvements sanguins ont révélé la présence dans le sang de caféine, de méthamphétamine, de cannabis et d’ibuprofène.
À Beauceville, une jeune femme de 32 ans, Carine Leblanc, est morte en janvier 2015 après avoir ingurgité un cocktail qui incluait plusieurs stimulants.
« La combinaison de plusieurs substances augmente inévitablement les risques de toxicité-fatalité chez le consommateur » - Pierre-André Dubé, pharmacien-toxicologue à l’INSPQ.
Les résultats des prélèvements ont révélé la présence dans le sang de caféine, de méthamphétamine, de cannabis et d’ibuprofène. Pourtant, les analyses toxicologiques ne démontrent aucune substance en concentration mortelle.
« L’effet combiné de la caféine et de la méthamphétamine est susceptible de déclencher une arythmie cardiaque, hypothèse la plus probable pour expliquer le décès », explique le coroner Pierre Brochu dans son rapport remis en juillet 2015.
Le pathologiste a conclu à une mort probablement due à une intoxication à la méthamphétamine combinée à la caféine. La victime a été retrouvée inerte au sous-sol de sa résidence, près du poêle à bois.
Boissons énergisantes
Les analyses toxicologiques ne précisent pas si la caféine a été ingurgitée au moyen de boissons énergisantes, mais le coroner Brochu affirme que selon d’autres preuves, la victime en consommait.
En 2010, le rapport d’un groupe d’experts de Santé Canada sur les boissons énergisantes caféinées plaçait l’arythmie cardiaque parmi les effets indésirables graves.
Pour sa part, le Dr Brochu pointe du doigt les comprimés vendus dans la rue.
« Dans la rue, on peut acheter la mort. Les gens ne le réalisent pas. Je trouve ça triste que quelqu’un ne se lève pas le lendemain matin. »
Mort subite
Pour le Dr Paul Poirier, de l’Institut de cardiologie de l’Université Laval, ce sont les mélanges dangereux qui causent beaucoup de dégâts.
« Méphamphétamine et caféine, c’est un cocktail associé à des décès par mort subite. On ne peut pas cacher ça. »
Le réputé cardiologue de Québec répète que les problèmes d’arythmie connaissent une croissante importante.
« On en voit beaucoup. Une arythmie foudroyante, ça prend six secondes. C’est assez pour tituber et chuter. Le message est assez clair. »
Caféine et méthamphétamine
• La quantité de caféine par jour ne devrait pas dépasser 400 milligrammes.
• La caféine et la méthamphétamine sont des substances psychostimulantes.
• La méthamphétamine est plus puissante et dangereuse.
• La caféine se retrouve très souvent comme agent de coupe dans les comprimés de drogues de rue.
• La dangerosité dépend de l’âge, des conditions médicales ou de la prise d’autres substances.
• En cas de surdosage, le consommateur peut présenter une augmentation importante de la pression artérielle, des douleurs thoraciques, une arythmie cardiaque, une psychose toxique, un coma ou même en décéder.
• Selon le bureau du coroner, les décès non intentionnels par intoxication ont augmenté d’environ 14 % depuis 2006.


♦ Même si les Québécois consomment plusieurs produits en apparence sans danger, comme les boissons énergisantes, leur effet combiné peut provoquer des décès, disent plusieurs experts. En mortaise, Carine Leblanc, décédée en janvier dernier, dont les résultats des prélèvements sanguins ont révélé la présence dans le sang de caféine, de méthamphétamine, de cannabis et d’ibuprofène.
Source : Le Journal de Montréal

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