Pas facile, la vie de préposée

Pas facile, la vie de préposée
Peu payées, elles doivent parfois faire du bénévolat pour arriver à exécuter toutes leurs tâches

Héloïse Archambault
Samedi, 7 novembre 2015 00:01 MISE à JOUR Samedi, 7 novembre 2015 00:01
Elles sont concierges, serveuses, psychologues, animatrices. Tout cela pour une paie à peine plus élevée que le salaire minimum. Bienvenue dans le monde des préposées aux bénéficiaires en résidences privées pour aînés.
Au moment où on réclame de meilleures conditions de travail pour les préposées aux bénéficiaires (PAB), deux d’entre elles ont accepté de raconter au Journal leur quotidien.
« S’il fallait juste prendre soin des gens, ce serait correct. Mais on a le ménage, le lavage, les [repas], les pilules, les piqûres, les pansements. On lave les toilettes, les lavabos. Tu entres dans une chambre, tu fais le ménage ! » énumère Ginette Dussault, une préposée de Sorel-Tracy.
Une vocation
Si les PAB font surtout les manchettes lors d’incidents déplorables, la majorité d’entre elles sont dévouées à leur travail et à leurs patients, insistent les employées rencontrées.
« On fait notre job parce qu’on l’aime. Ce n’est pas un métier, c’est une vocation », assure Mme Dussault, préposée depuis six ans.
Comparativement au salaire des préposées de centres d’hébergement et de soins de longue durée publics, celui des préposées au privé est souvent beaucoup moins élevé (12,50 $ l’heure en moyenne).
Bénévolat forcé
Et la liste de leurs tâches est souvent plus longue, notamment en ce qui concerne l’administration de médicaments. Pour être en mesure d’effectuer toutes ses tâches durant son quart de travail, Katy Dalpé doit carrément faire du bénévolat.
« J’arrive 15 minutes plus tôt et je prépare mes affaires pour pouvoir arriver, dit-elle. Je n’ai pas le choix. S’il y a une urgence, je n’arrive plus. »
Malgré son maigre salaire de 12,28 $ de l’heure, pas question de tourner les coins ronds, dit-elle.
« Je prends le temps qu’il faut pour que tout le monde mange. Si je finis 15 minutes après mon quart de travail, ce sera ça. Mais quand je vais partir, la dame va avoir mangé. »
Deux emplois
Une réalité partagée par Mme Dussault. « Faire 30 minutes de bénévolat, ça ne me dérange pas. Je ne travaille pas avec des “cannes” de conserve, ce sont des humains qui ont besoin de soins. [...] Je veux partir la tête en paix. »
Pour ajouter aux difficultés, ces deux préposées n’ont ni horaire fixé à l’avance ni heures de travail assurées.
Pour joindre les deux bouts, Mme Dalpé travaille dans deux résidences, dans l’une le matin et dans l’autre le soir. Mère de deux enfants, nul doute que la conciliation travail-famille est difficile dans ces circonstances. « Je ne les vois presque pas », avoue-t-elle.
Malgré tout, ces deux femmes ne changeraient jamais de métier. Mais elles souhaiteraient une meilleure reconnaissance.
« Pour tout ce qu’on fait, on n’est pas appréciées à notre juste valeur », souligne Mme Dussault.
Katy Dalpé, 28 ans
Préposée depuis 10 mois. Longueuil.
• Salaire : 12,28 $/h
• Formation : 8 mois
• Emploi précédent : aide sociale.
« J’aime les gens, et c’est la place où je me sens bien. Je m’en occupe comme s’ils étaient mes parents ou mes grands-parents. Depuis que je travaille, je suis fière de moi. Je fais quelque chose d’important pour quelqu’un. »
Ginette Dussault, 62 ans
Préposée depuis 6 ans. Sorel-Tracy.
• Salaire : 12,87 $/h
• Formation : 3 mois
• Emploi précédent : alimentation
« C’est dur de les voir pleurer. Les résidents sont laissés à eux-mêmes. Des fois, j’ai l’impression qu’ils nous attendent. Ils apprécient ce qu’on fait pour eux. »
« J’aimerais qu’on soit respectés. Ce que nous faisons, on aime le faire, on le fait avec dignité. Mais on n’est pas payés au bon salaire pour ce qu’on fait. »
Pourriez-vous en faire autant ?
Voici un exemple de la routine de la préposée aux bénéficiaires Katy Dalpé lors d’un quart de travail de 4h30. Seriez-vous capable d’y parvenir en si peu de temps ?
• Donner quatre bains complets
• Donner quatre toilettes partielles
• Préparer la table du dîner
• Transporter le charriot de repas sur l’étage
• Servir et desservir les résidents
• Amener les résidents chez la coiffeuse
• Ménage des chambres
• Être disponible en tout temps pour toute urgence ou assistance de l’infirmière
Source : Le Journal de Montréal


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